Au sein de l’espace du vaste et authentique Atelier qu’est la Medina d’Essaouira, originaires de ses origines et porteurs de sa mémoire et de ses subtiles effets sur tous les passants, musulmans, juifs, chrétiens ou autres, les artistes pionniers qui nous avaient quittés -depuis des années déjà- demeurent ici parmi nous, grâce aux sensibles traces qu’ils nous ont laissées comme messages, en peinture, en calligraphie, en photographie, en sculpture ou en objets de design…

Se nourrissant de l’histoire métissée de cette cité, où diverses religions, confréries ou cultures ont structuré ce carrefour d’humanité, ces artistes – femmes et hommes- ont su bien savourer l’esthétique et artistique message des ancêtres, ayant été sur place depuis des siècles, ou venus de loin avec d’autres messages et mélodies, andalouses, hamdouchies, aissaouies, gnaouies, ou laissées par des Cheikhs de Malhoun ou de Samaa, tout comme par de grands Maallems en thuya ou en bijouterie…

Le tout ayant été bien médité et absorbé par l’esprit de ces écrivains artistiques de l’image, l’interprétation d’Essaouira reprit un sens, non visible pour les « aveugles ». Le langage de l’architecture d’Essaouira Mogador étant déjà un message à déchiffrer, en matière d’art, de convivialité, de spiritualisme et de communication, ces artistes, modestes et discrets ont su nous initier –gentiment- à d’autres lectures, à la compréhension d’autres poésies de l’espace, et surtout à la compréhension et contemplation de l’autre langage silencieux qu’est l’art…

Boujemaa Lakhdar, Abderrahman Ziani, Regraguia Benhila, Sadya Bairou, Mohamed khoubaich, Mohamed Bouaadda, Brahim Boufous, Laarbi Slit, Boujemaa Boufous, Ruggero Giangiacomi, Seddik Saddiki, Abdallah Karami et d’autres.., laissaient fondre leur corps dans cet espace qu’est Mogador, détachés de tout -et sacrifiés contre le tout-, juste pour que leurs esprits puissent être fidèles à ce qu’ils ont perçu, et pour nous le faire voir , tout en étant chacun(e) un instrument singulier qui a ses propres gammes et ses propres mélodies. Revoir leurs œuvres – dans une exposition à la Galerie la Kasbah- nous ramène au souvenir de leur passion et leur fidélité à l’art, qui fait d’eux des Immortels, et qui sont toujours parmi nous…

Ahmed Harrouz

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