exposition collective à la galerie la kasbah : hommage aux « immortels d’Essaouira »

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par ahmed tarek (critique d’art)

 
 
parallèlement au déroulement du festival du printemps de l’art à essaouira, la galerie la kasbah organise actuellement une exposition d’ordre symbolique des œuvres d’artistes défunts « les immortels d’essaouira », pionniers du travail artistique et qui ont participé à faire connaitre le mouvement créatif de cette cité au niveau national et international. les artistes dont les travaux ont été présentés dans cette exposition revendiquant le droit à la mémoire sont : boujemaa lakhdar, abderrahman ziani, regraguia benhila, sadya bairou, seddik saddiki, ruggereo giangiacomi, mohamed khoubaich, ahmed el-belghiti, brahim boufous, boujemaa boufous, abdallah karami, laarbi slit, abderrahman lahchiouach, abdelmouneim raja, abdelghani htihet et azzeddine sanana. le vernissage de cette manifestation a eu lieu le samedi 4 avril à 18h à la galerie la kasbah, en présence d’autres artistes d’essaouira, de chercheurs et collectionneurs, ainsi que de divers visiteurs originaires de différents pays du monde ; cette exposition se poursuivra jusqu’au 30 avril.
kebir attar, responsable de la galerie la kasbah (un espace à la fois artistique et patrimonial pilote à essaouira) est l’initiateur de cet évènement dédié à la mémoire tatouée de ces défunts créatifs, avec la collaboration d’autres artistes, tel qu’ahmed harrouz, en tant que coordinateur, chama attar et noureddine hajjaj, ainsi que toute l’équipe de la kasbah  et d’autres amis des défunts et des collectionneurs de leurs œuvres.
sur cette exposition exceptionnelle, kebir attar nous a confié : « cette exposition collective se veut un acte de gratitude et de reconnaissance à l’égard des immortels d’essaouira, grands militants du droit de créer. c’est une contribution à la mise en valeur de leurs œuvres commémoratives qui mettent en relief la symbolique de notre condition humaine, tout en traduisant leurs états d’âme et leurs sensibilités via des toiles  qui se présentent comme des empreintes  et des traces de leurs vies et de leurs rêves . dédiée à notre mémoire collective, cette exposition sera un rendez vous annuel en partenariat avec tous les acteurs et les organismes concernés d’ici et d’ailleurs pour célébrer cette richesse immatérielle et capitaliser sur ses apports et ses atouts…  ».
de son coté, ahmed harrouz, chercheur et artiste plasticien a écrit : « au sein de l’espace du vaste et authentique atelier qu’est la medina d’essaouira, originaires de ses origines et porteurs de sa mémoire et de ses subtiles effets sur tous les passants, musulmans, juifs, chrétiens ou autres, les artistes pionniers qui nous avaient quittés -depuis des années déjà- demeurent ici parmi nous, grâce aux sensibles traces qu’ils nous ont laissées comme messages, en peinture, en calligraphie, en photographie, en sculpture ou en objets de design… se nourrissant de l’histoire métissée de cette cité, où diverses religions, confréries ou cultures ont structuré ce carrefour d’humanité, ces artistes – femmes et hommes- ont su bien savourer l’esthétique et artistique message des ancêtres, ayant été sur place depuis des siècles, ou venus de loin avec d’autres messages et mélodies, andalouses, hamdouchies, aissaouies, gnaouies, ou laissées par des cheikhs de malhoun ou de samaa, tout comme par de grands maallems en thuya ou en bijouterie… le tout ayant été bien médité et absorbé par l’esprit de ces écrivains artistiques de l’image, l’interprétation d’essaouira reprit un sens, non visible pour les « aveugles ». le langage de l’architecture d’essaouira mogador étant déjà un message à déchiffrer, en matière d’art, de convivialité, de spiritualisme et de communication, ces artistes, modestes et discrets ont su nous initier –gentiment- à d’autres lectures, à la compréhension d’autres poésies de l’espace, et surtout à la compréhension et contemplation de l’autre langage silencieux qu’est l’art…
boujemaa lakhdar, abderrahman ziani, regraguia benhila, sadya bairou, mohamed khoubaich, mohamed bouaadda, brahim boufous, laarbi slit, boujemaa boufous, ruggero giangiacomi, seddik saddiki, abdallah karami et bien d’autres encore, laissaient fondre leur corps dans cet espace qu’est mogador, détachés de tout -et sacrifiés contre le tout-, juste pour que leurs esprits puissent être fidèles à ce qu’ils ont perçu, et pour nous le faire voir , tout en étant chacun(e) un instrument singulier qui a ses propres gammes et ses propres mélodies. revoir leurs œuvres – dans une exposition à la galerie la kasbah- nous ramène au souvenir de leur passion et leur fidélité à l’art, qui fait d’eux des immortels, et qui sont toujours parmi nous… ».
reste à noter que la galerie la kasbah a organisé dimanche dernier une table ronde présentée et animée par ahmed harrouz autour du thème « originalité et trace des créatifs souiris dans le mouvement artistique à essaouira », avec la participation d’artistes (boumezzough mostapha, chama attar…), de critiques d’art et de chercheurs(regragui chrif, dr.abdellah cheikh…) et en présence d’associatifs et passionnés d’art.
11/4/2015

 

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