dans le cadre de son activité culturelle et  parallèlement au déroulement du festival du printemps de l’art à essaouira, la galerie la kasbah organise  jusqu’au 30 avril courant  une exposition  collective des œuvres d’artistes défunts  sous le signe «les immortels d’essaouira».

initiée par la galerie la kasbah

il s’agit d’un parterre distingué d’acteurs créatifs qui sont considérés comme des pionniers  du travail artistique et qui ont participé judicieusement  à faire connaitre  et valoir le mouvement créatif de cette cité historique  au niveau national et international. : boujemaa lakhdar, abderrahman ziani, regraguia benhila, sadya bairou, seddik saddiki, ruggereo giangiacomi, mohamed khoubaich, ahmed el-belghiti, brahim boufous, boujemaa boufous, abdallah karami, laarbi slit, abderrahman lahchiouach,  abdelmouneim raja, abdelghani htihet, azzeddine sanana et bien d’autres encore.

sur les enjeux de cette manifestation artistique, kebir attar, responsable de la  galerie la kasbah et  initiateur de cet évènement, précise : «  j’aimerai  bien saluer vivement tous les  partenaires  de cet événement qui ont  contribué volontiers à la réussite de cette initiative citoyenne  visant à rendre  hommage à la mémoire de ces défunts créatifs à qui on doit les jalons et les prémices de la pratiques artistique à essaouira. c’est un  grand message destiné à tous les acteurs concernés  d’ici et d’ailleurs pour revaloriser ce patrimoine collectif  et assurer sa durabilité et sa richesse vivante.».

a  l’occasion de cette exposition collective, une table ronde  a été animée autour du thème « originalité et trace des créatifs souiris dans le mouvement artistique à essaouira », avec la participation d’artistes, de critiques d’art et de chercheurs et en présences d’associatifs et passionnés d’art. cette  première plate forme  a été présentée et animée par ahmed harrouz (artiste chercheur  et coordinateur  de cet événement), qui a d’abord salué l’initiative de la galerie, en ce qui concerne cet authentique évènement, avant de soulever la nécessité de revenir aux travaux et aux questionnements de ces défunts artistes souiris qui ont été pionniers dans le mouvement de l’art à essaouira, ainsi que pour l’image artistique de cette cité, tout comme il a souligné l’effort et la fidélité de ces artistes pour la créativité originale et les messages profonds de leurs œuvres, abstraction faite de leur parcours singulier. regragui chrif, un chercheur qui suivait le parcours d’un  grand nombre de ces artistes durant les années soixante-dix et quatre-vingt, avant leur décès, a bien  clarifié les  circonstances et les difficultés sociales qu’ils ont traversées tout étant cependant bien authentiques dans leur conservation de l’âme de l’artiste créateur, tourné vers des questions naturelles, esthétiques et humaines en profondeur.  suite à cela, l’artiste boumezzough mostapha a évoqué particulièrement cette période nostalgique de créations des années soixante-dix et des sculpteurs originaires d’autres pays qui sont passés par essaouira et qui ont également participé au dialogue et à la recherche échangée entre les artistes locaux, avec l’originalité  locale qu’ont relevé aussi ces artistes visiteurs.  de son coté, l’artiste peintre chama attar a abordé ensuite le constat et l’étude des productions particulières de ces artistes défunts, en évoquant comment ils rejoignaient, sans le savoir, d’autres recherches et courants de peinture à travers le monde, nuançant les écoles de l’expressionnisme allemand ( die brücke «  le pont » et der blaue reiter «  le cavalier bleu ») , et de conclure que leur productions n’avait rien de fermée sur le monde qui les entourait de loin, en observant les connexions artistiques et humaines qu’ils en dégageaient. en fin,  dr .abdallah cheikh, écrivain et critique d’art, a souligné la valeur  symbolique de  cette louable  initiative rendant hommage aux pionniers de l’art à essaouira, en affirment qu’il est temps de valoriser les œuvres des artistes contemporains de leur vivant pour mettre un terme aux risques de l’oubli et de l’indifférence : «  rendre hommage aux immortels d’essaouira  est une véritable  reconnaissance pour leur  militantisme artistique  et créatif. ils ont  participé activement à la promotion  culturelle durable  de la ville. références incontournables,  ces précurseurs ont été armés d’une grande sensibilité créative, ainsi ils  nous ont  procuré une richesse immatérielle  riche et variée qui mérite d’être  conservée et valorisée».

les immortels d’essaouira  sont  plus qu’un nom tatoué dans la mémoire de l’espace pictural local, ce sont des figures emblématiques qui ont  su donner aux arts plastiques au maroc un élan dont témoignent les  œuvres plastiques  où la recherche approfondie est règle d’or.
l’hommage est bien plus que mérité, donc, car ces immortels, malgré leur  disparition prématurée, restent  et resteront  des artistes bien singuliers  hantés  par une envie de faire revivre notre essence d’être.

 écrit par mustapha fadel   

 

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