en hommage à l’artiste Brahim Mountir : dans le cadre de son cycle  activités artistiques  initié à l’occasion de la fête du trône

Oulamine et veyrier exposent à la galerie la kasbah d’Essaouira

la galerie la kasbah d’essaouira présente à partir du samedi 30 juillet courant les œuvres les plus représentatives de deux artistes plasticiens de renom : Abdellah oulamine et philippe veyrier. cette exposition est dédiée à la mémoire de l’artiste brahim mountir (né à tidzi, au pied de la montagne et au milieu des arganiers du pays hahî) qui a perdu la vue à cause de son diabète

 un artiste – abeille reconnu pour ses estompes à base de pollen : « mon travail, c’est à la fois le printemps et le dindon ! (rire) l’encre, je le tiens des fleurs du printemps et mon pinceau est une plume du dindon ! on reste toujours avec la nature parce qu’il n’y a pas mieux que la nature. l’encre et la matière, je les fabrique moi-même une fois par an à partir du coquelicot (rouge) d’une fleure bleue que les berbères nomment « l’œil d’une romaine » et de toutes les autres couleurs du printemps. si je ne garde que le rouge, j’aurai une couleur un peu forte pour mon goût, de même que si je garde le jaune ou le bleu à l’état pur

 avec l’extrait de mélange de toutes les couleurs de la prairie, j’obtiens une couleur rose que je laisse stagner un bon moment. au bout d’un an, elle vire au marron-sombre. une couleur qui ne change plus, mais plus elle vieillit, plus elle devient belle. », confie mountir à l’écrivain ethnologue abdelkader mana (rivages d’essaouira). né le 17 avril 1941 à tunis, philippe veyrier (résidant au maroc depuis 2009). après des études à la sorbonne, il part enseigner à l’étranger : océanie, maroc, afrique noire et amérique du sud. aux alentours de la quarantaine, il s’est mis avec succès à la peinture. il a dans son actif plusieurs expositions au maroc et à l’étranger

sa peinture selon le critique d’art et collectionneur jean monaco cassar « est à la fois figurative et abstraite dont la démarche plastique sort de sentiers battus. elle est caractérisée par une palette de couleurs aussi vives que variées. ce rapport aux couleurs et à cette matérialité spirituelle fait de philippe veyrier un artiste à part. de surcroit, ses œuvres riches de sens, séduisent autant l’esprit que le cœur, et satisfont toutes les exigences d’amateurs éclairés». de sa part, mylene raveino, responsable des activités extérieures de la maison de la culture à tahiti, a écrit : « …. un peintre pas comme les autres, un artiste, un vrai…on pense à chagall, on ressent van gogh, mais c’est bien du veyrier. on devine les tempêtes cérébrales… une peinture figurative qui a la particularité d’être abstraite », sur le parcours artistique de cet artiste singulier, l’écrivain et ethnologue abdelkader mana a écrit dans son bloc (rivages d’essaouira) : « au début des années 1980, à essaouira, oulamine faisait partie du « groupe kawki », un groupe informel de réflexion sur les arts plastiques, qui ne tarda pas à se disperser, faute de cadre institutionnel approprié. cette première initiation à la peinture, oulamine la compléta par de nombreux voyages, qui lui permirent de découvrir de nouvelles façons de peindre. il pratiqua d’abord un pointillisme figuratif, inspiré de scènes insolites du bord de mer d’essaouira et de l’architecture ocre des « kasbahs » du sud. le sablier du peintre immobilise des moments uniques – le saut d’un poisson en dehors de l’eau, la rumination d’une vache sur le sable, un plat de noyer magique sous un astre noir – et dépeint des situations à la fois étranges et poétiques, grains de sable, grains de peau, corpuscule de lumière cendrée, molécule d’air et d’eau. le paysage est reconstitué à partir de ses composantes élémentaires ; plus on ajoute de nouvelles couches de petits points, plus il y a possibilité de combiner lumière et ombre, et de ce jeu se dégagent de nouvelles formes. oulamine passe parfois des heures à remplir un petit espace de points et de formes minuscules. avec une pareille technique, il ne peut pas réaliser de grands formats. ses toiles sont à l’image d’essaouira, qui est elle-même une jolie miniature

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